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Rencontre avec Claire Blandin, secrétaire générale de la rédaction de Slate.fr

#Évènement #Incubation #Décryptage

Pure player lancé en 2009 par Jean-Marie Colombani, Éric Leser, Johan Hufnagel et Eric Le Boucher, assistés de l'économiste Jacques Attali, Slate.fr reprend le modèle du site américain Slate.com et publie des articles de fond sur l’actualité internationale, politique, économique, sociétale et culturelle en adoptant des angles inédits et un ton décalé.

 

 

Ce vendredi 12 avril, Claire Blandin, secrétaire générale de la rédaction de Slate.fr, est venue à la rencontre des entrepreneur(e)s de LINCC et du programme Mediastart : l’occasion privilégiée de revenir sur son parcours journalistique mais également de mieux comprendre le fonctionnement de ce média.

Diplômée de Sciences Po Paris et licenciée d’histoire, Claire Blandin vit, après ses études, deux ans en Australie, où elle travaille à la radio d’Etat, puis au Venezuela. Entrée au Monde en 1985 comme journaliste économique, elle fait un passage au service politique, avant de devenir rédactrice en chef et de prendre la tête du service économie. Nommée ensuite déléguée générale de la rédaction, elle est chargée de l’intégration des ouvriers du Livre dans la rédaction. Elle quitte le Monde en 2009 et rejoint Slate.fr. Au poste de secrétaire générale de la rédaction, elle assure notamment la gestion des pigistes et la responsabilité des contenus éditoriaux fournis à des tiers.

 

Slate.fr, le pari d’un site média différent

A son lancement, Slate.fr a pris le risque de proposer un magazine à l’époque où les sites d’actualités étaient fortement ancrés dans le paysage médiatique du web comme LeMonde.fr ou LeFigaro.fr. Il a été pionnier dans le lancement de podcasts natifs dès 2016. Le site compte actuellement plus de 700 collaborateurs experts dans leur domaine. Slate a donc toujours joué la carte de la différenciation du ton et de l’originalité du traitement de l’information. Cette recette fonctionne bien car le site compte en 2018 environ 4 millions de visiteurs uniques mensuels intéressés par les sujets liés à l’éducation, l’environnement, l’égalité/parité, la politique et les phénomènes d’actu via des articles d’analyse et d’éclairage approfondi. Un aspect sociétal fort qui définit l’ADN de la marque Slate depuis le début. En janvier 2019, l’équipe de rédaction lance Korii : la verticale dédiée aux nouvelles technologies et aux nouvelles formes d’économies et leurs implications sociétales. Au bout de 3 mois d’existence, le site enregistre déjà 500 000 visiteurs uniques.

Ce succès n’est pas sans compter des échecs ou tentatives avortées comme le souligne Claire Blandin lors de notre rencontre. Nous citerons notamment la tentative du magazine, historiquement rémunéré par la publicité, qui en 2017 a voulu tenter l’aventure de l’abonnement. Faute de transformation suffisante de lecteurs en abonnés payants pendant un an, le magazine retourne à son ancien modèle. La rentabilité de ce modèle reste aujourd’hui encore à stabiliser même pour les plus grands groupes de presse en ligne.

 

Nous tirons également de cette rencontre des enseignements liés à la gestion administrative d’une équipe de rédaction. Chez Slate, tous les contributeurs sont externes et relèvent de 3 types de statuts dont les spécificités nous sont exposées par Claire Blandin :

- Journaliste professionnel dont l’activité de journaliste est la principale activité, régulière et rémunérée. Il est ainsi considéré comme salarié de la rédaction si 50% de ses revenus proviennent de cette activité. La carte de presse n’est cependant pas obligatoire. Les intérêts de ce statut sont notamment liés à la réduction des cotisations côté salarié et côté employeur et prévoit un abattement sur charges liées aux frais professionnels.

- Droit d’auteur s’appliquant lors d’une collaboration occasionnelle avec un contributeur dont l’activité principale n’est pas le journalisme. Slate fait intervenir régulièrement des experts universitaires, médecins, cuisiniers, écrivains…

- Auto-entrepreneur (ou micro entrepreneur) pour une collaboration régulière lorsque le contributeur n'est pas journaliste professionnel. Il faut alors fournir un numéro de Siret et des factures.

 

Nous avons également évoqué la Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP), l'instance chargée, entre autres, de délivrer un certificat de reconnaissance d’une publication en sa qualité de service de presse en ligne (SPEL). Ce numéro d’inscription ouvre droit au bénéfice du régime économique de la presse ; délivré pour 5 ans maximum, cet agrément permet également d’accéder à des aides dédiées ou préférentielles. La prochaine commission pour le dépôt des dossiers des services de presse en ligne est prévue le 22 mai 2019.

 

 

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