En bref

  • Date de création :

    27 novembre 2013
  • Date d'incubation :

    2016
  • Fondateurs :

    Alvyn Severien et Gaëtan Gohin
  • Site internet :

    algamafoods.com

Algama, quand la mayonnaise prend grâce à la micro-algue

Autrefois simple complément alimentaire, la micro-algue peut-elle devenir un produit d’alimentation générale ? C'est le défi que s’est fixé Algama et qui pourrait répondre à deux enjeux d'avenir : la santé et l'écologie.

A la base, il était prévu qu’Alvyn Severien fasse carrière dans la finance ou le consulting. Le parcours était classique : business school, ParisTech, puis début de carrière en banque d’affaires. « Mais j’étais un gros consommateur de compléments alimentaires naturels », précise-t-il. Son ami d’enfance Gaëtan Gohin a suivi un cursus similaire : DSCG puis un Master spécialisé à l’Ecole Centrale Paris, avant d’officier quelques années en tant que financial advisor. « Quant à lui, il s’est tourné vers les algues à la suite d’une opération. Un médecin lui a recommandé de consommer de la spiruline pour son rétablissement. On s’est rendu compte que nous avions cet intérêt commun », s’amuse Alvyn Severien. C’est alors que leur vient l’idée de s’associer et de créer leur société, Algama. Leur postulat ? Faire de la micro-algue, jusque là cantonnée à un rôle de complément alimentaire, la base d’aliments à part entière. « Il s’agit d’un élément disposant de caractéristiques nutritives exceptionnelles, 66 % de protéines, et durable. L’idée était d’utiliser cette ressource pour avoir un impact positif sur le secteur agroalimentaire », détaille Alvyn Severien. Seulement, si les deux fondateurs sont désormais des consommateurs convaincus de micro-algue, ils n'ont alors rien de spécialistes de cette denrée.

« Grâce à la micro-algue, nous reconstituons le goût et la texture d’une sauce mayonnaise classique. Mais avec 60 % de matière grasse en moins »

Bientôt un breuvage antioxydant

A partir de 2013, ils planchent donc sur le sujet, rencontrent des scientifiques, puis nouent un partenariat avec une cellule du CNRS spécialisée sur la recherche sur l’algue. Après 4 ans de R&D, leur produit voit enfin le jour, fin 2017. Entre temps, Algama bénéficie d’une substantielle levée de fonds en 2016 (3,5 millions d’€) opérée par le fonds hongkongais Invest Horizons Ventures. La même année, ils intègrent l’incubateur Paris&Co via la plateforme Smart Food Paris. Une étape clef dans le développement de la société. « C’est un véritable écosystème ou règne le partage d’expérience. Smart Food Paris permet à chaque structure d’échanger des contacts et des recommandations, ce qui est primordial lorsque l’on lance une entreprise sans expérience », note le cofondateur. Le premier produit estampillé Algama s’intitule The Good Spoon. Il ne s’agit ni plus ni moins qu’une d’une mayonnaise sans œuf, manufacturée dans le Limousin. « Notre démarche n’est pas le prosélytisme vegan. On souhaite proposer des produits à base de plante, sans ne rien imposer. On donne la possibilité au consommateur de choisir l’alternative végétale, mais avant tout parce que c’est bon et abordable », ambitionne Alvyn Severien. Récemment, Algama s’est attaqué au marché américain, territoire où ce type de produits est rentré dans les mœurs et place principale de la foodtech mondiale. Dans l’Hexagone, ladite sauce est déjà distribuée via les enseignes Carrefour et Franprix, ainsi qu’en épiceries fines. Actuellement, les équipes de la marque planchent sur un projet de boisson antioxydante, toujours à base de micro-algue. Le produit devrait envahir les rayons courant 2019. Eloignant encore un peu plus Alvyn Severien du monde de la finance ou du consulting.

« Par l'intermédiaire de Paris&Co, nous avons rencontré et échangé avec d’autres startups de foodtech dont l’offre est distribuée chez Franprix. Elles nous ont renseigné sur le mode de fonctionnement de l’enseigne »

Le pitch : Créer une nouvelle génération de produits d’alimentation générale à base de micro-algues, à la fois goûteux, bons pour la santé et durables.

12 salariés

Levée de fonds : 3,5 millions d’euros

Anecdote : Les fondateurs ont rencontré plusieurs acteurs américains de la foodtech. Seulement, ces derniers leur ont paru obnubilés par l’axe technologique et scientifique et reléguaient souvent l’aspect gustatif au second plan. Leurs produits, d’ailleurs, ne leur ont pas semblé fameux une fois en bouche. “Nous sommes dans une démarche opposée : la première chose qui nous motive, c’est le goût, rappelle Alvyn Severien, grand fan de nourriture. Il n’y a pas d’intérêt à faire un produit que l’on ne prend pas plaisir à manger». Voilà, entre autres, ce qui a poussé la marque à pénétrer le marché américain.

 

Retrouvez Alagama et toutes les autres pépites de Paris&Co sur le book : Startups à succès et pépites de demain

 

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Crédits photo : Algama