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[Change ta boîte] Salaires, augmentations, vacances, horaires… Fasterize, entreprise libre et libérée

#Bonnes Pratiques

Fasterize

Change ta boîte : c’est le nouveau rendez-vous de Paris&Co. Son ambition : insuffler de bonnes idées à partir d’actions positives déjà éprouvées dans des entreprises pionnières, pour changer le monde à petits pas. Rencontre avec Stéphane Rios, l’un des pionniers de l’entreprise libérée, pour qui la transparence est l’une des valeurs clés de sa startup, de la relation avec les salariés, comme avec les clients.

 

Depuis 8 ans, Fasterize accélère les sites web pour optimiser les temps de chargement. Plusieurs centaines de millions de pages web sont ainsi traitées chaque mois par l’équipe de 15 personnes. Une équipe heureuse et épanouie, pour qui bienveillance et transparence, les valeurs clés de l’entreprise, ont un vrai sens. Les salaires, augmentations, horaires, congés… ne sont pas des sujets de discorde : chacun des salariés portant la responsabilité de son propre travail, l’organisation de ces à-côtés se régule naturellement.

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Le constat

L’opacité, les rapports de pouvoir, les inégalités salariales en entreprise ne sont pas une fatalité. C’est le credo du fondateur de Fasterize pour qui la gestion d’une entreprise peut être auto-gérée par ses collaborateurs. Une vision où l’humain occupe une place centrale. 

Le facteur déclenchant

Le fonctionnement de l’organisation de Fasterize est venu à Stéphane Rios en réaction à une expérience peu satisfaisante de salarié dans son entreprise précédente. En 2011, au lancement de Fasterize, ce sont les horaires qui étaient libres et les salariés pouvaient télé-travailler. En 2016, au moment où l’entreprise est devenue rentable, des augmentations pour tous les collaborateurs ont également été possibles. « Cela nous paraissait normal de partager les fruits de cette rentabilité ». Les vacances libres sont ensuite venues naturellement.

« J’ai vécu dans une boîte qui était tout sauf bienveillante envers ses employés, il n’y avait aucune transparence, des objectifs contradictoires entre les équipes. Devant la non-efficacité de cette gestion, je me suis dit « plus jamais ! », je voulais une organisation super efficace ».

 

Objectifs de l’entreprise avec la mise en place de cette action

Aucun objectif n’a été fixé par son fondateur : être une entreprise libérée, c’est avant tout un état d’esprit sans arrière-pensée de retour sur investissement. Les valeurs clés, et notamment celles de transparence et de bienveillance, ont prévalu dès les débuts de Fasterize en 2011 et lui ont permis de construire son identité d’entreprise libérée progressivement. Avec la pression sociale, des collègues et des clients, pour lesquels l’équipe doit être disponible aux heures de bureau, la régulation se fait d’elle-même. Corollaire positif de cette action : l’attractivité de Fasterize. « Je suis d’ailleurs intimement persuadé que cette demande de la jeune génération vient d’Internet : quand on s’exprime sur le web, on est tous au même niveau, patrons comme salariés, cadres et ouvriers. Les gens sont donc formatés par cela ».

La transparence est également essentielle dans la relation avec les clients de l’entreprise : « on ne leur raconte pas de cracks, on ne leur cache pas les problèmes ».

« Nous n’avons pas de suite rendu possibles les vacances libres par exemple, mais on disait aux collaborateurs « vous êtes adultes, responsables, vous gérez vos horaires, tant que vous faites votre job ».

« Un de mes rôles aujourd’hui est d’être gardien des valeurs. Il est facile de déraper et de balayer ces valeurs ».

 

Le fonctionnement

Au moment du recrutement, le salarié est embauché avec tout le package : salaire, horaires, primes, objectifs professionnels, vacances…

Les salaires sont aujourd’hui assez élevés chez Fasterize – 60 000 € en moyenne, ce qui évacue presque d’emblée le sujet lors de l’entretien d’embauche. Un système, qui permet de décorréler chaque poste des objectifs annuels, souvent imposés par le management dans les entreprises classiques. Depuis 2016, chacun s’auto-évalue et gère en conséquence son augmentation. Et surprise : au final, les collaborateurs ont plutôt tendance à se sous-évaluer. Ceux qui seraient trop gourmands seraient rapidement questionnés par leurs pairs, car les augmentations comme les salaires de tous et la situation financière de l’entreprise sont complètement transparents. « Cela dépend du caractère des gens, par exemple pour certains, on a plutôt tendance à les pousser à s‘augmenter que l’inverse : la pression sociale fait qu’ils n’osent pas s’augmenter ». Stéphane Rios affiche donc aujourd’hui son salaire sans rougir. De 40 000 € il y a à peine plus de deux ans, il a doublé son salaire en toute transparence, quand cela a été possible, sans mettre en péril la situation financière de son entreprise.

Même son de cloche du côté des congés : « tant que la boîte fonctionne, cela m’est égal de savoir qui a pris combien de congés. Les salariés se gèrent entre eux dans les équipes. Certains partent trois mois, en décrochant complètement pendant trois semaines et en travaillant à distance pendant le reste du temps. En leur permettant de faire cela, on créé de l’attachement à l’entreprise, même si ce n’est pas l’objectif de départ ».

« En tant que chef d’entreprise, ne pas faire d’entretien me fait gagner deux semaines par an ».

 

Temps requis pour la mise en place de l’action

L’office manager gère et centralise les demandes de congés. « Je ne suis même pas au courant des demandes de chacun, mais nous avons seulement besoin de le noter quelque part pour assurer nos salariés en cas de pépin ».

 

Points de vigilance

« Etre une entreprise libérée, c’est un tout : on ne peut pas choisir un ingrédient et penser appliquer sa recette. A l’inverse, pour transformer sa boîte il faut le faire de fond en comble. Mais cela ne se fait pas en claquant des doigts : cela peut faire exploser une entreprise de vouloir tout casser brutalement ».

Cet esprit de liberté ne rend pas plus faciles les situations auxquelles est confrontée l’entreprise : « les crises restent des crises, les problèmes humains restent des problèmes humains. Quand on doit se séparer d’un collaborateur qui ne fait pas le job, on n’essaie pas de le masquer mais plutôt de mettre de la bienveillance jusqu’au licenciement de la personne. Ces événements existent dans une entreprise libérée, mais ils sont accompagnés ».

 

C’est possible ailleurs ?

Pour le CEO de Fasterize, pouvoir se sentir à l’aise dans une entreprise libérée n’est pas une question de tempérament des individus, mais de culture : « nous sommes le produit d’une culture, nous ne sommes pas génétiquement programmés pour être autonomes ou pas. Comme c’est de l’acquis, rien ne nous empêche de changer ! Pour certains cela peut être facile de s’adapter, pour d’autres pas du tout ».

Etre une entreprise libérée, est-ce réservée aux jeunes entreprises du numérique ? Même si cela semble plus simple de partir de zéro que de transformer une entreprise, être une entreprise libérée « n’est pas propre aux startups mais à la nouvelle génération de patrons ».

 

Témoignages

« Cela m’apporte toute la flexibilité dont j’ai besoin entre mon temps personnel et professionnel. Après, je porte la responsabilité de récupérer ce temps-là, ce n’est pas seulement à sens unique. Ce que j’apprécie beaucoup c’est d’avoir des responsabilités, de pouvoir prendre des décisions et que chacun dans l’équipe dans laquelle je travaille puisse donner son avis et ne pas seulement suivre l’avis du chef », David, chez Fasterize depuis les débuts de l’entreprise.

« C’était une surprise à mon arrivée ; je ne savais pas jusqu’où allait la dimension libérée de l’entreprise. Ça a été un facteur déterminant au moment où j’étais en recherche parmi les propositions que j’ai eues. Des sujets qui ne relèvent pas du travail au sens opérationnel ne sont pas des sujets : on ne va pas ergoter pour négocier des congés ou partir à tel moment de la journée. Ce n’est absolument pas un sujet, libre à chacun de s’organiser pour que le travail soit fait en temps et en heure et de façon correcte », Sarah, arrivée il y a un an chez Fasterize.

Crédits photos : Fasterize

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